07h00 : le réveil sonne à l'heure... Je me lève à 07h19 : 20 minutes de retard ! Juste le temps d'une rapide douche - histoire d'être vraiment réveillée - d'un petit déjeuner sur le pouce, de gros câlins et de gros bisous à ma petite famille (qui dort, elle !), et c'est parti...
Il est 07h45.
Valérie m'appelle : je confirme que je suis sur la route et que dans 10 minutes elle serra, elle aussi, dans la voiture.
Direction Marseille.
Temps de trajet estimé et confirmé à 2 heures.
Ma voiture est stationnée sur le "chèque-parking" de l'aéroport de Marseille (l'emplacement a été réservé et payé la semaine précédente). Allée G. Tout au bout du très long parking.
Nos 2 énormes sacs de voyage "soute" entassés sur un chariot, ceux "cabine" sur le dos, nous traversons à nouveau, cette fois à pieds et sous la pluie, ce très long parking afin de rejoindre l'abri "navette-aéroport".
Pas d'attente : la navette est là. Tout se coordonne très bien, finalement.
10 minutes de trajet : et voilà, nous voici dans l'aérogare, hall 1.
Recherche du cheking IBERIA... Après s'être renseignées plusieurs fois, il faut bien admettre que l'affichage ne se fait pas 2 h mais 1 h avant l'embarquement pour IBERIA. Valérie confirme : les espagnols sont très souvent... pas à l'heure pour ne pas dire en retard.
Enfin nos bagages "soute" sont enregistrés. Ils seront récupérés à Habana à Cuba. Hasta luego...
Cloîtrées dans la salle d'embarquement, nous passons les 45 minutes d'attente à boire un thé accompagné d'un croissant (à 11h30, le petit déj de ce matin est maintenant loin...) face à un écran géant nous retransmettant la messe dominicale. Devrait-on prier avant de partir ???
Enfin, nous sommes appelées pour embarquer sur l'appareil en direction de Madrid. Durée du vol : 1h30. Départ avec une dizaine de minutes de retard. Bof.
Mon humeur et mon sentiment de départ m'impressionnent : je suis très heureuse de partir... mais sans ma petite famille, il y a comme un pincement au coeur...
A partir de ce moment, je ne parlerai français qu'avec une personne : Valérie.
Toutes communications, de quelques sortes que ce soit, seront dorénavant en espagnol, voire en anglais.
Le voyage Marseille/Madrid se déroule bien.
Décollage. On nous propose ensuite un petit sandwich (au fromage) ainsi qu'une boisson (jus de tomate). Journaux et revues (bien sûr, en espagnol aussi, s'il vous plait) sont feuilletés... Atterrissage. Bienvenue à Madrid.
Nous quittons la partie "nationale" de l'aéroport de Madrid pour rejoindre celle "internationale". Pour ce faire, des espaces d'attente, des fumoirs, des boutiques, des duty-free... seront traversés à pied. Un train (du style metro ligne 14 à Paris) nous déposera enfin à l'aéroport international.
Côté "S" pour les vols IBERIA en direction de La Havane.
Puis d'interminables tapis roulants nous entraineront dans leur course : d'abord nous montons quelques étages... pour ensuite les redescendre... burlesque... Le plus impressionnant est que dans cet immensité, il n'y a pas un bruit ! Personne ne parle. Et pourtant, il y a du monde ! Imaginez un échange RER parisien sans le son entre 18 et 19h00.
Passage de la douane. Rien à signaler.
Et voilà, nous sommes arrivés à "l'international côté S".
Encore 3 heures d'attente avant notre second vol. Les 2 premières heures sont organisées à flaner dans les boutiques, et surtout le duty-free. Nous essayons les parfums. Finalement, on ne sait plus lequel sent à quel endroit du pull... Torride.
J'achète des bonbons pour 1,50 euros (ces bonbons seront offerts par la suite aux enfants de nos logeurs sur Trinidad) et fais profiter tout mon entourage "d'Opium" d'Yves Saint Laurent... Ben tiens... C'est quand même pas tous les jours qu'on va a Cuba parfumée du gus !!
Les gros bagages "soute" ne nous manquent pas : si en plus il avait fallu tirer et porter 20 kg !
L'estomac grogne : direction une brasserie afin d'absorber une petite assiette de crudités. Le paiement se fait toujours en euros.
Le temps est maintenant très long. Trop long. De plus, il fait très chaud dans cet aéroport, et on ne peut pas sortir... Nous sommes prisonnières du monstre !
L'embarquement pour La Havane (on dit Habana) enfin est annoncé. Là aussi, tout se passe bien, et même assez rapidement d'ailleurs. Je suis époustouflée. Moi qui croyait devoir subir des tas de contrôles... Et bien non. Il n'y a aucun contrôle. Seraient-on paranoïaques ?
Pour moi qui ne suis jamais sortie d'Europe, cet avion pour Habana est immense : 4 compartiments se succèdent (tout d'abord les business-class, puis les nôtres). Largeur de l'avion : 2 sièges - 1 allée - 4 sièges - 1 allée - 2 sièges.
17h15 : décollage avec 15 min de retard. Normal.
TV, radios, casques individuels, tout y est. Bémol : bug sur l'installation informatique de NOTRE rangée ! Nous avons été 8 à tenter de lire sur les lèvres des acteurs à chaque début de film ! 2 films nous sont passés. Les titres ? Je ne sais pas ! J'ai zappé l'annonce visuelle des titres. Quand enfin le casque fonctionne, je peux choisir entre la langue anglaise ou espagnole. Premier essai avec l'espagnol (ben ouais)... Finalement pas concluant, deuxième essai avec l'anglais... Bien meilleur. En conclusion, je ne sais pas ce que j'ai regardé comme films, car entre temps, je me suis endormie. C'était bien la peine !
2 repas nous sont servis : un vers 19h00, l'autre vers 01h00 (heure française).
Dormir relève de l'impossible quand on ne s'y est pas préparé à l'avance : merci Laurence, pour la panoplie oreiller-lunettes-boules quies. Cependant, je n'avais pas prévu que j'aurai des nausées à cause du mal des transports m'assure Valérie. Forcément, d'habitude, c'est moi qui conduis. Mais là... j'avais oublié mon permis "grozavion"... Alors, je suis restée "passagère"...
03h00 (heure française) : atterrissage à Habana.
Cuba.
J'y suis.
Je ne réalise pas.
Finalement une sortie d'avion à Cuba ou autre part... Je ne vois pas (encore) de différence ! Si ce n'est peut être, que mon pullover et mon blouson sont en trop et prennent beaucoup de place dans les bras.
Dorénavant, nous parlerons en heure locale : 03h00 en France le lundi au petit matin, soit 21h00 à Cuba le dimanche soir. Il fait nuit noire.
18° nous annonce-t-on.
Ah bon, pas plus ? Pourtant il fait chaud... Dommage pour les révisions : Il y a les degrés celcius et ... les autres... comment passe-t-on de l'un à l'autre... Bref, oui il fait très bon.
Après avoir déambulé à travers de petits couloirs, nous arrivons dans une grande salle, pas très accueillante pour le demeurant : c'est la DOUANE ! Ah !
Chacun passe 1 à 1. On nous regarde bien (heureusement que je n'ai pas mis de lentilles couleur, on ne m'aurait pas laissée passer !). Nous-mêmes devons lever les yeux (une petite caméra nous filme). La douanière prend tout son temps. Arrive la question fatidique (en espagnol of course) : nom de l'hôtel ?
Alors là, garder son calme, son sourire et sa bonne humeur (enfin tout ce qui reste après les 20 heures de voyage), sortir le mail de confirmation de Manuel que j'ai pris soin d'imprimer en double exemplaires (on sait jamais), et annoncer "casa particular". Ensuite, prier Boudah, Dieu, Allah, le consulat de Cuba en France à qui on a téléphoné il y a moins d'un mois, ainsi que tous les saints et saintes connus et inimaginables, même ceux de la santéria... Coup de tampon sur mon visa. Ouf. C'est bon. Je ne vais pas devoir payer 2 nuits dans l'hôtel le plus cher de Habana. La première porte est passée.
Nouvelle grande salle : c'est le foutoir complet. Les tapis roulants des bagages à récupérer ne roulent plus. Tous les sacs, valises, caisses, bagages... sont amassés, là, devant nous, par terre. Visuellement, repérer le sien et ne plus le lâcher des yeux tant qu'on ne l'a pas en main. Qu'est-ce que je peux être parano quand même...
Direction le bureau de change : je vais enfin palper de la monnaie cubaine. Tous les forums le disent : vérifier la monnaie. C'est ce que je fais. Je sors ma calculette de poche pour vérifier le calcul euros/cuc, et je recompte derrière le préposé. C'est ok. Tout va bien.
Nous pouvons passer la deuxième porte.
Dans le hall de sortie de l'aéroport, quelques cubains nous assèment de "taxi" par ci, "taxi" par là.... Fidèles aux infos du routard.com, et aux dernières recommandations de Juanito (merci Isabelle et Cyril), nous sortons de l'aéroport et cherchons un taxi jaune marqué 55555 avec un compteur. Vite trouvé. Confirmer que le compteur soit mis en marche, confirmer l'adresse de notre casa particular (le chauffeur essaie de nous en fourguer une autre... mais non, nous, on veut celle-là... et avec le sourire por favor). Je lui propose mon plan du routard... Non, non, finalement, il voit très bien où se situe notre logeur.
Démarrage de la voiture : c'est y est, on est parti.
L'air est chaud, nous sommes en tee-shirt, les fenêtres du taxi sont grandes ouvertes... Il est 23h00 à Habana.
Les 17 kilomètres qui nous séparent de Habana Vedado (quartier de Manuel) se font en un vingtaine de minutes. Pendant le trajet, Valérie et le chauffeur parlent ensemble de tout et de rien... De temps en temps je comprends qu'il nous annonce les monument ou grandes places au fur et à mesure de l'avancement...
C'est sympa. Mais nous restons sur nos gardes : nous emmène-t-il au bon endroit (routard.com nous conseillait de bien vérifier avant de payer la course) ?
Habana Nuevo Vedado et Vedado ne ressemblent pas du tout à une ville mais plutôt à un ensemble de vastes lotissements espacés les uns des autres en campagne. Nuevo Vedado et Vedado sont 2 quartiers récents et bourgeois, habités par les cubains descendants de familles riches et bourgeoises. Dans le Vedado, d'innombrables maisons coloniales très colorées jonchent les rues.
Nous voici arrivées.
23 cuc de taxi : notre première dépense en monnaie de touriste, le peso convertible.
Manuel nous reçoit très gentiment et va même jusqu'à porter mon énorme sac. Valérie se tapera le sien elle-même !!!
Manuel nous fait une petite présentation de notre chambre, de la salle de bain / toilettes. Tout est très propre. Par contre, par de vue : la fenêtre de notre chambre donne sur un espèce de mur bizarre... Effectivement, c'est exactement ce que dit le guide du routard.
Tant bien que mal (plutôt bien d'ailleurs), nous nous installons. L'eau de la douche est chaude (très chaude même). J'envoie un texto à ma petite famille pour les prévenir que je suis bien arrivée, et au lit.
Il est 5h30 du matin en France.
Il est 23h30 du soir à Habana.
Cette journée du 25 Février 2007 est enfin terminée.