CUBA : tu me gustas mucho...
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Mon premier voyage hors CEE.. Voyage tant espéré et tant attendu, celui de la musique, de la danse, de la salsa... Bienvenido a Cuba, la grande isla !

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    vendredi 2 mars 2007 - Jour 6 - LA CANCHANCHARA


    Nous nous réveillons doucement vers 8h30. Une petite douche pour nous remettre les idées en ordre (petite car le filet d'eau de la douche est toujours aussi petit) avant de nous installer pour ce nouveau frugal petit déjeuner, et nous organisons notre journée.


    Tout d'abord nous allons acheter de l'eau. Chez Myslaidis et Gustavo (comme chez Manuel), l'eau qui nous est proposée est de l'eau "rapportée". Myslaidis et Gustavo ont une énorme cuve dans leur sous-sol et régulièrement, à leur demande, un gros camion vient et rempli cette cuve d'eau. J'imagine qu'ensuite cette eau est "traitée"... mais j'ignore de quelle façon. J'ignore surtout si cette eau est bien tolérée par nous, les touristes. Valérie a testé : son organisme ne réagit en aucune sorte. J'ai moi-même bu de cette eau. Mes intestins, eux, ont réagi. Je n'ai pas su dire si c'était ça la "turista", ni si cela venait de l'eau ou de tous ces excellents fruits frais que nous mangeons quotidiennement.

    Donc, mieux vaut prévoir que courrir : un pack de six bouteilles d'eau capsulées fera l'affaire.

    Le retour à la casa avec ce pack est douloureux : bien que nous changeons de côté toutes les 5 minutes pour le porter à deux, nos doigts sont endoloris, rouges voire violets, sans plus aucune goutte de sang j'en suis persuadée.

    Il nous faudra bien encore quelques minutes pour faire circuler le sang à nouveau dans nos doigts !


    Nous retrouvons William au Park et nous dirigeons vers la Canchanchara, bar de jour ouvert de 10h à 19h. La Canchanchara est répertoriée dans tous les guides et est réputée pour son cocktail alcolisé du même nom. La journée à la Canchara est ponctuée par l'arrivée et le départ des bus de touristes en visite. Ce sont ces arrivées de bus qui gèrent et ponctuent l'activité musicale de l'endroit.

    Effectivement, des groupes de salsa et de son traditionnel jouent selon un planning bien établi. Le groupe qui m'intéresse est le groupe SON TRINITARIO.

    J'avais fait la connaissance de ce groupe en France au cours de l'été 2006. Le courant était bien passé avec eux. J'étais à ce moment déjà sur la préparation de ce voyage à CUBA, voyage qui se devait être un voyage de groupe pour les adhérents VOY A BAILAR. Nous devions loger chez l'habitant et une option danses populaires et musique avait été mise en place.

    Quand j'ai su que SON TRINITARIO était de Trinidad, je leur ai alors posé mille et mille questions sur Cuba, Trinidad, le peuple cubain, la vie cubaine... Difficilement je reconnais car les dialogues étaient en français, anglais, espagnols...

    Le groupe SON TRINITARIO savait que je devais venir sur Trinidad en février/mars 2007.


    C'est donc non sans émotion que nous franchissons l'entrée de la Canchanchara. Oui, ils sont là. Assis sur des bancs à attendre... j'ai su par la suite qu'ils attendaient le prochain bus de touristes pour jouer.

    Certains me reconnaissent tout de suite et viennent me dire bonjour... chacun leur tour... comme à la confesse. L'accueil n'est peut être pas aussi chaleureux que je l'avais imaginé. C'est vrai que nous nous étions simplement rencontrés 3 ou 4 fois lors de leurs concerts en France, et que nous étions tous ensuite restés 6 mois sans communiquer d'aucune sorte.

    Et c'est vrai aussi que je suis tellement candide !

    Puis quand même les langues se délient. On me demande des nouvelles de France, de ma petite famille...

    Peut être fallait-il attendre un peu avant de reprendre les conversations ?


    Soudain, un abondan fleuve de tourismes entrent dans la Canchanchara et les musiciens se lèvent à leur tour pour se placer à leurs instruments. Et c'est parti pour environ une vingtaine de minutes de musiques et chants.

    William m'invite à danser avec lui : je suis chaussée de tongues et lui-même de savattes. Le sol est cimenté avec de gros pavés ronds... Autant dire que nous ne serons pas au mieux de nos techniques de danse à ce moment là !

    Mais peu importe : à la cubaine, nous danserons avec le coeur et finalement, c'est tout de même cela le plus important.

    Ce qui nous fera beaucoup rire est qu'un tourisme nous filme pendant que nous dansons, William et moi... Serais-je devenue cubaine ??? C'est très drôle et au fur et à mesure des minutes qui passent, nous plongeons dans un délire de plus en plus burlesque sur le fait que, peut être, ces touristes repartiront chez eux heureux d'avoir filmé des Cubains danser la salsa....


    Le tour de chant terminé, Osmel, le chanteur de SON TRINITARIO, fait la promotion du CD du groupe. Je lui fais signe : Osmel m'avait dit que le groupe avait enregistré un CD. Quand je lui avais dit que je voulais leur en acheter un, il m'avait alors répondu qu'il m'offrirait ce CD quand j'irais les voir à Cuba. Un des musiciens vient vers moi avec son panier garni d'une quinzaine de CD, regarde Osmel qui acquiesce de la tête, me tend un CD et me demande 10 cuc. Bon. Ce CD n'est donc pas offert. Je suis un peu déçue, non pas de payer 10 cuc, mais de la promesse non tenue.


    Puis les touristes repartent. Les musiciens se rassoient sur les bancs, Osmel à côté de moi. Petit à petit, mi-anglais, mi-français, je comprends que Franck (un autre musicien du groupe) me fait la tête car je n'ai pas tenu ma promesse :

    Quand ils étaient en France, Franck m'avait donné, à ma demande, le numéro de téléphone et les noms/prénoms de sa soeur et de son beau-frère qui pouvaient recevoir légalement des touristes chez eux à Trinidad : una casa particular légale.

    Je lui avais dit que je ferai tout pour aller chez eux. Ces personnes n'ayant pas d'adresse internet, de retour en France, lors de la préparation de ce voyage, j'avais demandé à Valérie si elle voulait bien appeler ces personnes afin de réserver notre séjour à Trinidad chez eux. Nous avons donc essayé lors d'un après midi chez moi, d'appeler Cuba. Malheureusement, il était trop tôt chez eux pour réussir à parler à qui que ce soit. Tout le monde vaquait à ses occupations. Je proposais à Valérie de revenir un soir à la maison et de retenter notre chance. Valérie préférait alors le faire de chez elle.

    Malheureusement, Valérie n'a jamais réussi à joindre quiconque.


    C'est ce que je tente d'expliquer à Osmel, afin qu'il le rapporte à Franck et que celui-ci me pardonne. Mais apparemment les Cubains sont boudeurs quand les choses ne se passent pas comme eux le désirent !

    Du coup, je comprends pourquoi j'ai payé le fameux CD.

    Promesse non tenue égale à une autre promesse non tenue.

    Bien. C'est joueur.

    William me propose si je veux goûter au cocktail "canchanchara" (à mes frais bien sûr). Vu qu'il est presque 14h00, que nous n'avons rien déjeuner, je me vois mal absorber un quelconque breuvage alcolisé. J'ai préfère un cola local (au moins je récupère mon taux de sucre à la normal !) Valérie choisi aussi une boisson... et William aussi... à nos frais por favor.


    A ce moment-là, j'ai comme un petit raz-le-bol de toutes ces histoires sans queue ni tête, de ces gens qui te proposent quelque chose pour se le faire payer aussi, de ces promesses faites et non tenues, de ces ambiguités, de ces quiproquos, de ces regards inquisiteurs...

    Bref : j'ai vraiment besoin de manger. J'ai faim.


    Nous prenons alors congé de ce petit monde, Osmel nous promettant de se retrouver tous ensemble pour faire la fête et danser (= boire et... boire !). Je suis contente car enfin les incompréhensions sont dissipées et tout repart à zéro. Chouette.


    En guise de déjeuner, nous achetons dans la rue un "ultimo" c'est à dire un sandwich au poisson frit. Le sandwich, le fameux petit pain cubain, coupé en deux, est garni d'un poisson frais pané et frit. Le poisson dépasse du petit pain. C'est gras. Mais c'est excellement bon.

    Coût du déjeuner : 1 cuc.


    Après avoir déambulé dans Trinidad tout en grignotant notre repas de fortune, nous retournons à la casa avec William. Nous nous mettons d'accord, William et moi, pour donner un cours de salsa à Valérie. Il faut qu'elle danse ce soir, elle aussi. Valérie est d'accord. C'est parti.


    Le patio de la casa se transforme en piste de danse. Myslaidis sors un lecteur et un CD de salsa. Mambo, dilequeno, dilequesi, enchufala, dilequeno coca cola. C'est à peu près ce que William comprend quand j'annonce les passes pour Valérie. Tout le monde y trouve son compte et c'est très sympa.

    Au passage, nous attrapons Myslaidis qui trainait par là et continuons notre cours de salsa en rueda. Rueda composée de dame, enchufala, sombrero avec 2 couples de danse. La bonne humeur est à son comble. Et c'est ainsi que nous terminons notre après-midi. J'ai l'impression d'être sur une autre planète.


    Très tranquillement, mais vraiment très tranquillement, nous nous douchons et passons à table.... dans le patio redevenu... table d'hôtes !


    Nous rejoignons William et Osmel à la Casa de la Trova. Nous dansons sur quelques morceaux. Le chanteur passe en mode "soneo". C'est à dire qu'il improvise des paroles. Osmel lui crie le prénom de Valérie. Le soneo repart de plus belle. Valérie ri beaucoup. Evidemment je ne comprends rien. Mais maintenant j'ai l'habitude. Alors j'attends et ri aussi (on pourrait penser bêtement et niaisement... à chacun sa préférence !). Osmel ne m'expliquera rien. Valérie, oui, un peu plus tard. C'est décidé : de retour en France, je passerai mes nuits avec un walkman sur les oreilles. Peut être alors pourrais-je enfin communiquer en espagnol !


    Après la casa de la Trova, le Palenque.

    Puis les escaliers.

    Couchage vers 2h00.

    Ca y est.

    On est cubaine.


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