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Ouh la la ! On se réveille à 9h00 ! De pire en pire !
Toujours et encore des supers petits déjeuners. Les petits gateaux changent chaque jour. Les accompagnements restent les mêmes : lait, café, assiette de fruits en rondelles et en morceaux (ananas, papaye, mangue pour aujourd'hui à la place de la goyave), bananes, oeuf en omelette, miel liquide, pain frais, beurre, jus d'orange frais pressé... Nous nous régalons... Sauf qu'aujourd'hui sera pour moi le jour de mon premier vrai dérangement intestinal. Est-ce la turista ? Est-ce du à la chaleur conjuguée aux fruits ? Est-ce du à la mer et au soleil de la veille ? Cela ne doit pas être bien grave car je me sens bien, et je n'ai pas mal au ventre. 2 imodiums et ça repart.
Nous voulons faires des petites courses cadeaux à ramener à la maison, prendre des photos de Trinidad... Pas de bol : nous sommes parties trop tard de la casa et l'heure du rendez-vous avec William est arrivée ! Nous rejoignons donc William, accompagné d'Hector (notre ami de la journée des chevaux). Nous prenons des nouvelles de Sarah (qui est partie en bateau pour 2 heures de plongée). Hector assure que c'est de l'arnaque et que Sarah sera mécontente.
Nous planifions notre après midi : ce sera la plage EL GRILL. Hector nous rejoindra plus tard avec Sarah.
Sur le chemin, je m'achète un sandwich jamon no frito : 1 cuc.
Quand nous arrivons à la place "del Park", mauvaise surprise : plus de coco-taxi. Alors, ce sera une voiture-taxi. 5 cuc pour nous 3 cette fois-ci. Toujours pas de compteurs ici.
Cette deuxième plage est magnifique. Des parasols cocotiers sur le sable blanc, une mer superbe, très bleue et très claire... Le cliché type de la plage des Caraïbes.
Un vieil homme cubain essaie de nous faire payer 1 cuc comme droit à l'ombre. William s'acharne contre lui : l'ombre est pour tout le monde. Après quelques minutes de vociférations espagnoles, le vieux cubain repart. Notre ombre naturelle nous est donc gratuite.
Nous rencontrons Cathy, du groupe SON TRINITARIO. Elle aussi profite de la plage pendant sa journée de repos. C'est vrai qu'aujourd'hui c'est dimanche. Cathy est équipée : palmes, masque, tuba. C'est merveilleux tout ce que l'on peut voir là-dessous, nous assure-t-elle en désignant Dame Mer du menton... Entre faune et flore, c'est très beau. Et pas encore abîmé par l'homme.
De 13h30 à 17h30, nous évoluons entre la baignade, le soleil, l'ombre, la farniente... sans oublier de nous hydrater, de nous crêmer... Notre peau est maintenant bien hâlée, mais quand même ! Les rayons du soleil sont courts sur les Caraïbes. Alors méfiance.
J'en profite pour tester mon appareil photo avec différents éclairages et filtres, et aussi la fonction caméra. J'écris quelques cartes postales destinées aux rarissismes bienheureux qui les recevront (Nous les posterons de Havana pour plus de sûreté quant à leur réception).
Comme convenu avec notre chauffeur à notre départ, le taxi revient nous chercher à 17h30. Le chauffeur vient nous chercher directement sur la plage : en vacances, on n'a pas d'heure.
Retour sur Trinidad.
William nous emmène dans son quartier qui surplombe la ville : il veut nous faire profiter d'un magnifique coucher de soleil.
A pieds, nous quittons le centre de Trinidad pour le haut de la ville. Les maisons ne sont plus les mêmes. Des patios et des grandes demeures nous passons aux bicoques s'écroulant de vieillesse. Des gamins en haillons jouent avec des pierres en guise de ballon. Une petite fille s'approche de moi et dit que mon piercing est très joli. Elle me demande si je peux le lui donner. Tant bien que mal, je lui explique qu'elle ne pourra pas le porter car elle n'a pas la narine percée. Cette explication vaut ce qu'elle vaut. Je n'ai pas envie de donner mon cadeau de Saint Valentin d'il y a 2 ans. Elle me réclame alors mes boucles d'oreilles. Forcément, comme je porte 3 paires de boucles d'oreilles, il y a le choix. J'ai le coeur serré. Je ne sais plus comment me dépêtrer de cette situation. Heureusement, à ce moment-là Valérie et William m'appellent car le soleil ne va pas tarder à se coucher. Question de minutes. Je salue la petite fille et les rejoins. A ce moment, William me présente une partie de sa famille (cousin, cousine). Ces enfants respirent la pauvreté. J'ai honte de porter mon piercing et mes boucles d'oreille. Je voudrais les enlever... Mais au risque de les perdre ? Non, je n'en ai pas envie. Puis William nous montre du doigt "sa maison", très fier. Je tombe des nues. Une grosse émotion me submerge. Une grosse boule me serre la gorge. Peux plus parler. Sa maison, c'est une cabane sans fenêtre ni porte en ruine, avec des trous partout dans les murs et sur le toit. On doit soulever une planche pour entrer. William nous explique qu'il dort bien maintenant car il a trouvé plusieurs bouts d'étoffes en tout genre faisant office de matelas. J'ai honte. J'ai honte d'être moi. J'ai honte d'être ce que je suis. Et comme dit Valérie, là, on comprend mieux notre William. La véritable vie d'un Cubain, cela doit être ça. Un état de pauvreté et de décrêpitude absolue. Pincement de coeur ! Et nous qui râlons contre les éternels pourboires que l'on nous demande ! Démesuré. Du coup, je n'ose même pas sortir mon apparail photo. Cela risquerait peut être d'être mal pris d'exhiber une telle richesse ?
Nous continuons donc notre chemin afin d'arriver au point culminant des hauts de Trinidad. Le spectacle est magnifique. Un surperbe coucher de soleil orangé sur les toits de Trinidad (on reconnait le clocher de l'église) en contre jour, en arrière plan, la mer, la majestueuse. Féérique. Romantique à souhait. Mais seule, ce n'est pas forcément rigolo.
Des gamins nous accostent encore et nous demandent des pesos, veulent mes boucles d'oreilles... Pendant que William les éconduit, je regarde Valérie avec un geste d'impuissance. C'est horrible. Quelle misère. Comment leur expliquer que j'y tiens, à mes boucles d'oreilles, alors qu'elles représentent une monnaie d'échange pour eux, pour subsister ?
J'ai l'impression qu'on a le regard posé sur moi. J'en fais part à Valérie qui me confirme. Nous posons la question à William. Que se passe-t-il ? Sont-ils très en colère contre moi ? William sourit, le regard dans le vague. Non. Ils ne sont pas fâchés. Ils savent que le touriste peut et que le cubain ne peut pas. C'est comme ça. Ils tentent leur chance. Ils essaient. C'est tout. Puis William me regarde et rajoute qu'avec des yeux de sorcière c'est normal : j'envoûte les gens !! Alors ça c'est nouveau !! Valérie rit et m'explique qu'avoir des yeux de sorcière à Cuba, c'est sûrement un compliment. Ah bon.
Enfin le soleil se couche.
Dans le début d'obscurité, William nous emmène voir la discothèque très côtée de Trinidad : Las Cuevas (les grottes). Cette discothèque est dans une grotte naturelle. Trop fort.
Valérie ne voulant pas pénétrer dans las cuevas, William va demander au garde s'il accepterait de me faire visiter la discothèque... Et c'est oui !
Pendant que William reste avec Valérie pour qu'elle ne soit pas toute seule, le garde s'improvise dans une visite guidée pour moi rien que pour moi. Très gentil, il s'enquiert de connaître ma nationalité (ah !! francesa !!) puis multiplie toutes les prévenances possibles et inimaginables pendant la visite à mon égard. Effectivement las cuevas sont gigantesques : elles font de l'endroit une formidable discothèque. Son, lumières, cabine DJ, banos (wc), vestiaires (pourquoi des vestiaires ? Mettent-ils des vestes avec cette chaleur ?) tout y est. Le garde n'en revient pas quand je lui explique que je suis aussi DJ en France. Très charmant, il me tient par la main pour que je ne glisse pas dans les marches : l'endroit est sombre et humide, et la pierre est extrêmement glissante. Mes tongues n'étant pas des tongues d'alpiniste, ça craint.
Ce monsieur est très gentleman.
A la sortie, je lui donne 2 cuc de pourboire avec mille remerciements. Il est content. Moi aussi.
Retour à la casa pour se doucher et se préparer : ce soir, à notre demande, nos logeurs nous ont préparé de la langouste.
Un délice. Succulent. Fondant dans la bouche. Surtout qu'on ne me dise rien de sa provenance, je ne veux pas savoir. Surtout ne pas casser l'effet magique de manger de la langouste à Cuba... Valérie confirme. C'est très bon.
Vers 21h00, nous retrouvons William au Palenque. On nous avait dit qu'il y avait un spectacle de danses et de percussions ce soir... Mais où sont-ils donc ?
D'ailleurs, Osmel du groupe SON TRINITARIO devait aussi nous rejoindre pour faire la fête et me présenter à de bons danseurs, selon lui... Mais Osmel nous a posé son 2nd lapin !
Arrivent Hector et Sarah, puis un cubain que j'affectionne particulièrement qui danse merveilleusement bien et dont le coeur est bon. Ce monsieur de presque 60 ans restera dans mon coeur très longtemps je crois. J'aurais voulu le ramener avec moi : il aurait su montrer à mes élèves sans parler ce que danser avec le coeur veut dire. Se joint à nous un autre ami de William, Luis. Et c'est parti pour les rigolades... Beaucoup de verres sont bus... Mais quand Valérie et moi montrons nos portes-monnaie vides, bizzarement, les cubains trouvent de la monnaie pour continuer de boire !
Nous terminerons la soirée à parcourir les petites rues de Trinidad, essayant de voler au passage quelques notes de musique s'échappant de quelque endroit privé.
Je n'aurai pas dansé ce soir. Par contre j'aurai bu. Et franchement, ce n'est pas vraiment cool. Toute la nuit j'ai eu peur d'être malade. Je confirme que je pensais en France : l'alcool c'est pas bon.
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