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Les journées se suivent et se ressemblent... Notre toute dernière journée à Trinidad. Nous passons la matinée à déambuler tranquillement dant les rues colorées et vivantes de Trinidad. Nous nous couchons tard et nous levons aussi de plus en plus tardivement. De vraies vacances nonchalantes, quoi...
Nous passons l'après midi à la plage "el grill". Cette fois, nous rencontrons Paticio (Patrice pour les Français) en charmante compagnie.... non pas de cubaines (pour une fois) mais d'une espagnole et d'une allemande ! Comme quoi les voyages réunissent les coeurs !
Nous, nous avons toujours notre guide William, ainsi que Luis, venu nous rejoindre... à la suite d'une multitude de déconvenues. Nous avions tous rendez-vous en début d'après midi pour prendre un bus cubain et se rendre ainsi à la plage... Pas de bol, William s'était trompé dans les horaires... En bref, à l'heure dite, pas de bus. Ni de Luis non plus d'ailleurs.
Valérie, William et moi-même décidons alors, en dernière minute, de prendre un taxi (aucun coco taxi n'est visible non plus !). Le chauffeur est sympa et nous demande un prix dit "normal" alors que sont taxi est un énorme 7 places... vide ! Il nous confirme aussi le rendez-vous pour le retour de ce soir (maintenant nous savons qu'il faut prévoir le retour !) Nous arrivons enfin à la plage et nous nous mettons en place : déroulage de serviettes et peintures corporelles de crème solaire nous prennent au moins 15 minutes. Il y a un vent faramineux et tout s'envole ! Finalement, on aurait presque froid ! Comme à l'acoutumée, Valérie et William discutent. Les sonorités de leurs paroles ont pour effet de me bercer... Il ne m'en faut pas plus pour m'endormir...
Le réveil sera houleux : Valérie me secoue le bras et m'annonce que Luis est enfin arrivé, très en colère car il s'imagine que nous l'avons berné et laissé à Trinidad, pour nous retrouver seuls et sans lui. Après quelques rapides secondes d'immersion, je recouvre mes esprits et tente à mon tour, mais en anglais, d'expliquer à Luis que oui nous l'avons attendu au point de chute, que non nous ne l'avons pas vu et que oui nous sommes partis en taxi car pas de bus et que non nous ne voulions pas l'expatrier du groupe ! Mais, comme le veut la bonne vieille philosophie cubaine, Luis se met alors à s'énerver, à faire la tête (encore un !) puis à parler en africain à Yemaya la déesse de la mer, et à incanter mille et mille choses... Choses que je ne compris pas ... Ce qui l'énerve encore plus ! Puis les incantations se calment (du moins c'est ce que je pense en écoutant le son de sa voix et le débit de ses paroles). Vraiment surprenant.
L'après midi touche à sa fin et le taxi revient nous chercher. Luis semble être calmé. Quand tout à coup il reprend ses incantations, crache par terre, essuie son crachat, puis se tait, comme si rien ne s'était passé. Valérie et William parlent ensemble et n'ont rien vu ni rien entendu. Soit j'ai des hallucinations, soit je suis folle. Il arrive de drôles de trucs quand même ici ! Puis Luis me regarde en souriant et se frotte les mains en disant avoir froid. C'est vrai qu'avec le vent, l'air s'est rafraichi.
Arrivés à Trinidad, nous prenons congé de Luis pour nous préparer à une bonne soirée en perspective : William a voulu nous offrir un repas poisson, à nous deux ainsi qu'à Myslaidis et Gustavo. Il nous explique qu'il doit aller préparer le tout dans une autre casa (une casa d'amis à lui) et qu'il revient nous chercher un peu plus tard. Effectivement, un peu plus tard, William arrive chez nos logeurs et explique qu'il y a un changement de programme. Un bon moment plus tard, enfin, Valérie me traduit qu'apparemment quelqu'un de la famille de l'autre casa viendrait de décéder. Et que si nous attendons sans rien faire ici, c'est parce que William fait plusieurs aller-venues pour amener le festin chez nos logeurs. Ne voulant pas être aidé (= accompagné ?) l'attente est longue car l'autre casa est à l'autre bout de Trinidad, que William est à pieds et qu'il ne peut pas matériellement pas tout ramener en une fois. Myslaidis et Gustavo ont le sourire et donc préparent la tablée chez eux, dans l'immense cuisine bordant le patio de nos petits dejeuners. Ils nous préparent une superbe salade de fruits arrosée de... ron... bien sûr (=rhum en espagnol) ainsi qu'un plat de petites crudités pour accompagner le poisson. Enfin nous récupérons William : le poisson qu'il a tenu à nous offrir est énorme ! On peut y manger à 10 !! Sans compter que c'est excellement bon. William est content de nous voir nous régaler. Ses yeux brillent. De gaité ou d'alcool ? Va savoir... Quoiqu'il en soit, c'est incroyable comme les cubains savent aborder de façon routinière tous les changements... Nos 500 grs chacun environ de poisson ingéré, les crudités, les fruits alcoolisés, les bananes plantins cuisinées... Je crains d'exploser ! Un vrai festin. J'ai l'impression que tout le repas trempait dans du rhum, mais finalement, ce soir, cela ne m'a pas gênée. M'y habiturais-je ? Je ne me sens pas sâoule, mais quand même un peu bizarre... mais je suis debout et je marche sans tomber. Par contre je ne m'imagine pas danser la salsa ! Mon ventre trop rond risquerait de me faire perdre l'équilibre... Nous décidons alors de marcher un peu histoire de détendre... le tout !
Nous rejoignons la casa fisher où Osmel nous avait donné rendez-vous. Même la dernière soirée, il nous aura posé un lapin (trois en tout). Décevant. Attristant. William essaie de récupérer notre fin de soirée, malheureusement tout s'acharne contre nous : palanque fermé, la trova fermé, les escaliers presque plus personne... C'est vrai qu'il est tard, mais quand même pour notre dernière soirée ici, ce n'est pas cool.
Finalement, nous continons d'errer dans les petites rues sombres de Trinidad et terminons notre balade au park. Nous nous asseyons sur un banc. Pas beaucoup de paroles. Demain nous partons. Un certaine tristesse peut être. Du regret en tout cas. Le temps passe toujours trop vite quand tout est fini. C'est toujours la même histoire. Vers 1h30 du matin, nous retournons à la casa.
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