CUBA : tu me gustas mucho...
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Mon premier voyage hors CEE.. Voyage tant espéré et tant attendu, celui de la musique, de la danse, de la salsa... Bienvenido a Cuba, la grande isla !

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    mercredi 7 mars 2007 - Jour 11 - RETOUR A HAVANA

    Notre dernière demi-journée à Trinidad. Le petit déjeuner, nous essayons de le déguster à fond les papilles... Je n'oublierai jamais ce petit patio, dehors, ombragé... ni tous ces fruits à volonté à chaque fois... tellement bons, gouteux et sucrés...

    Nos affaires sont réunies et empaquettées. Nous payons nos logeurs. Les comptes sont bons. Encore quelques heures pour profiter de Trinidad. Nous retournons au marché artisanal. Valérie retrouve la abuela, la vieille-femme-aux-colliers, et pour 5 cuc, lui achète ses 3 colliers, comme elle le lui avait promis les premiers jours de notre séjour. Très fort en émotion. Nous essayons de dire "au revoir" à Luis mais celui-ci reste introuvable. Dernier détour à la Canchanchara : je passe une bonne heure avec Cathy puis avec Carlo... le groupe est d'accord pour une soirée salsa concert-DJ animations (eux-moi) en France, chez moi, dans ma région. Osmel ne viendra pas en France cette année. Sa voix ferait défaut... Viré... Remplacé par un autre... C'est comme ça à Cuba !

    Notre guide William nous offre quelques souvenirs : colliers de graines et coquillages vernis, maracas... c'est mignon et touchant... et dire que j'ai laissé tous mes "savons-cadeaux"aux logeurs... Quelle andouille ! J'aurais du en garder pour William ! Tant pis. Ce qui est fait, est fait !

    Un petit sandwich "jamon kase" pour le déjeuner sur les coups de 13h00, puis retour à la casa. Drôle de sensation.... Bizarre... Plus qu'une heure et demie...

    A 14h00, Gustavo revient du travail (il dit être représentant, mais... dans quel secteur d'activité ??). Il pèse mon bagage-soute chez le voisin qui possède une balance : poids 45 livres (livres cubaines) soit 20,9 kg. 900 grammes en trop ! Pas grave, annonce Gustavo, les bagages ne sont pas pesés au départ de Trinidad. Ce n'est pas comme à Havana.

    Ben voilà. Nous quittons la casa de Gustavo et de Myslaidis. J'ai laissé savons, PQ, mouchoirs papier, revues en espagnol aux parents et bonbons aux enfants. J'ai le coeur gros de partir. Je n'aime pas les départs. Je préfère les arrivées. Valérie va à pied au viazul car elle veut prendre quelques dernières photos. Quant à moi, je prends place derrière Gustavo, tous nos bagages empilés dans le side-car. Le trajet jusqu'au viazul me fait traverser Trinidad à nouveau. Les galets des rues nous font rebondir de gauche à droite... Trinidad, c'est quand même quelque chose !

    Pas d'adieux larmoyants, cependant assez fraternels. Pas de "hasta luego" ni de "adios" mais "ciao ciao". Bisous à travers la vitre du bus avec la main. 15h00. Départ pour Havana.

    Le trajet est toujours de 5 heures et demie. Cependant bien meilleur qu'à l'aller. Le bus est réellement plus confortable (cette fois, mes pieds touchent le sol) et la TV fonctionne. Nous avons droit à "bad boys" en anglais, sous-titré en espagnol. A mi-chemin, petit arrêt à la cafétéria Artex perdue dans la brousse (la même qu'à l'aller). Je passe le voyage à dormir, des images plein la tête... Une certaine tristesse car les voix qui résonnent dans ma tête, les personnes avec qui des souvenirs se sont gravés... je ne les entendrai certainement plus, je ne les reverrai certainement jamais... Le paysage défile. Luxuriant. Les animaux sont efflanqués. Les gens aussi. Comment font-ils pour se procurer des vêtements, de la nourriture, ici, en pleine cambrousse ? Puis petit à petit le paysage se modifie. Nous quittons cette luxuriance et retrouvons un paysage plus aride et asséché : nous arrivons à Havana.

    L'arrivée à Havana se fait sans encombre. Une navette viazul nous dépose directement chez notre ancien logeur Manuel pour 2 cuc. Franchement, on se débrouille super bien maintenant...

    Manuel nous attend devant sa maison. Gustavo et Myslaidis l'avait appelé pour nous, pour confirmer notre horaire de retour et pour nous réserver nos deux "cenas" : effectivement nos repas sont prêts.

    Pour notre dernière soirée à Cuba, nous décidons de nous rendre à "el cantante", repoussé au début de notre séjour pour son prix d'entrée (10 cuc). Dix minutes à pieds, sans se perdre. Trop top. Sauf qu'à l'arrivée, on nous explique que "el cantante" est exceptionnellement fermé depuis 23h00 ce soir (il est 23h15) et que l'autre disco est en rénovation... Un léger sentiment de déjà vu de la veille au soir à Trinidad...

    Bien décidées à terminer agréablement notre soirée, nous décidons de rejoindre la calle 23, avenue vivante du Vedado. Nous hésitons à accéder à l'hôtel Havana Libre (disco au 13e et dernier étage, surplombant Havana) car il nous semble que l'accés est sélect !

    Nous nous asseyons alors à une petite terrasse, dehors, là où il y a de la musique (salsa, reggaeton, conga...). Nous commandons nos dernières bières cristal et trinquons. Et soudain, miraculeusement, deux cubains demandent à s'asseoir avec nous, à notre table. Bien sûr nous acceptons. Le monsieur paraît sans âge, est édenté et fatigué, mais souriant, nous explique être pécheur. La jeune femme, magnifique, dégage une telle fierté en même temps qu'une énorme soif d'apprendre et de savoir, attire mon regard. Elle s'en rend compte, et tout de suite tente de communiquer avec moi. Très gentiment, elle s'efforce de parler très doucement pour que je comprenne. Adorable. Adorable et belle. Puis un troisième cubain s'incruste dans notre groupe. Monsieur Belles-dents a une bouche tout en or. Très audacieux. Très sûr de lui. Cubain, quoi. Il tient absolument à ce que j'hume son avant-bras pour me prouver qu'il est très propre et qu'il sent bon. Bien que j'en soit persuadée et que je le crois sur parole, je dois tout de même joindre le geste à SA parole et effectivement, sentir une bonne odeur de savon sur sa peau tanée. Il est très fier. S'ensuit l'arrivée d'un duo de musiciens d'un style très "mexicain". Pour nous, ils joueront de la musique. Tout le groupe a le sourire jusqu'aux oreilles. Les notes de musiques nous atteignent tous : les têtes bougent, les épaules frémissent, les pieds tapent par terre. Enfin, un adolescent, 17 ans nous dira-t-il, nous rejoint. Cinq minutes suffisent pour qu'il m'invite à danser du raggaeton puis de la conga avec lui. Adorable. Les musiciens repartent après avoir poussé la chansonnette sans même nous demander un pourboire ! Surprenant. Echange d'adresse, de numéros de téléphone, d'e-mails... C'est rigolo. Ils ont chacun un petit carnet, déjà bien rempli de noms, adresses, téléphones,... Des promesses sont faites : ils viendront nous voir quand ils viendront en France et nous les contacterons quand nous reviendrons à Havana. C'est vrai que Cuba, c'est ça aussi.

    A contre-coeur, nous quittons nos derniers cubains. Il est 2h00 du matin, passées de quelques minutes... Notre dernière nuit sur Cuba. Le retour chez Manuel est en même temps excité et tristounet. La maisonnée est endormie. Nous nous coucherons exténuées. 

     

     

     

     


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