CUBA : tu me gustas mucho...
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Mon premier voyage hors CEE.. Voyage tant espéré et tant attendu, celui de la musique, de la danse, de la salsa... Bienvenido a Cuba, la grande isla !

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    jeudi 8 mars 2007 - Jour 12 - AU REVOIR, CUBA LINDA...

     

    Nous nous réveillons vers 9h30. Je dormirais bien encore un peu mais Havana nous attend pour notre dernière journée à Cuba. Je ne réalise pas encore que dans une dizaine d'heures je ne serai plus sur la terre cubaine.

    Notre petit déjeuner est extrêmement décevant... Nous avons été habituées à mieux à Trinidad, chez Myslaidis et Gustavo ! Aucun fruit sur la table. Forcément les bonnes habitudes, elles se prennent vite ! Simplement un jus de fruit (je pense qu'il n'était même pas de fruits frais pressés), une boisson chaude (café, thé) et le pain "dur" avec du beurre au goût bizarre. Triste fin, dirons-nous ? Ne sommes-nous pas sur l'île de Cuba, l'île magique ? Alors oublions ce petit côté matériel et profitons de nos dernières heures ici.

    Une bonne douche avant de filer directement à la "calle 23" où nous changeons les cuc en trop en euros. Nous devons le faire maintenant, sans attendre la fin de la journée, car les banques ferment très tôt à Cuba : à 15h, parfois même avant, tout est fermé ici ! Effectivement le taux de change nous fait perdre de l'argent. Meilleur à l'achat qu'à la vente. Normal. Ben oui. Pas besoin d'être dans le cac 40 pour savoir cela.

    Nous descendons la "calle 23" jusqu'au Malecon en nous arrêtant dans les boutiques de CD (moitié moins chères qu'en France), épcierie (ron..), petits marchés artisanaux. Nous effectuons quelques menus achats : je pense à mes minus et tiens absolument à leur rapporter quelque chose de "parlant"... Mais cela s'avère difficile : il n'y a pas franchement d'artisanat à Cuba, si ce n'est des petits objets en bois ou en terre cuite, peints à la main. Et puis surtout, un objet acheté sur ces marchés artisanaux signifie plus un souvenir vécu qu'une décoration à placer à la maison !

    D'un coup de coco taxi pour 5 cuc, nous voilà à Vieja Havana. Nous déambulons dans les rues hautes et étroites, où malgré tout la chaleur nous accable. Petit coup de fatigue pour moi suivi d'angoisses et d'un petit malaise latant. Serait-ce le retour qui me stresserait ?

    Il est 14h15 quand nous déjeunons à la cafeteria "des nardos", en face du capitol, pour 5 cuc chacune ! Le guide du routard dit encore vrai cette fois-ci. Qualité et quantité.

    Nous repartons dans le centre "touristique" de la Vieja Havana, entre autres, la rue Obispo, puis encore retour sur le malecon. Cette fois, nous prendrons un second coco taxi pour retourner chez Manuel : 3 cuc le voyage.

    Dernière douche, dernière vérification des bagages. Les adieux avec Manuel sont simples et formels, même s'ils se veulent accompagner d'un sourire. C'est normal. Nous avons vécu avec Manuel moins de choses qu'avec Mylaisdis et Gustavo à Trinidad.

    A 19h00, notre taxi klaxonne devant la casa.

    Un peu tristounet, tout ça.

    A 20h00, nous sommes à l'aéroport. Nous enregistrons nos bagages et passons à la douane après avoir été payer en espèces nos 25 cuc de sortie du territoire cubain. Tout est simple. L'agent cubain tamponne le visa touristique (et pas le passeport !). Et voilà. On ne nous demande rien. On ne nous fouille pas. Rien. Ahurissant.

    Les trois heures qui précèdent l'embarquement sont infiniement longues... Une salle immense dont le plafond est décoré de drapeaux internationaux où chacun est assis et attend. C'est le seul aéroport où les fumeurs peuvent fumer à l'instar de tout le monde !

    Puis enfin nous embarquons. Je me sens extrêmement fatiguée. Il fait nuit noire. Je remarque, juste avant de décoller, que la lune est toujours ronde et toujours aussi au même endroit dans le ciel. Serait-ce là aussi la magie de Cuba ?

    Dommage que les appareils photos et camescopes doivent être éteints pour le décollage : Cuba est magnifique en pleine nuit vue du ciel. Des milliers de petites lumières, qui s'éloignent de seconde en seconde de notre portée. Notre avion s'élance dans l'immensité noire et envoûtante au dessus de nous. En-dessous, c'est la mer... Une mer invisible, sombre et infinie. C'est flippant. En bas, je peux encore distinguer Cuba : l'île parait flottante dans un halo de lumière tamisée. Je sais que là-bas, restent Manuel et sa femme, Myslaidis et Gustavo, Wiliiam notre petit guide, Luis le peintre, Osmel le chanteur... et tous les autres que j'ai croisé... Je revois les paysages et leurs différentes végétations, les maisons... que dis-je... les bicoques, les animaux efflanqués, malades et blessés... Quelle misère.

    Reverrai-je un jour tous ces gens ? Reviendrai-je un jour à Cuba ? Fidel est toujours vivant. Quelle sante ! Et après ? Qu'en sera-t-il pour eux ? Que deviendront-ils ?

    Les 8h40 de trajet jusqu'à Madrid réussiront à avoir raison de moi : je passe la majeure partie du trajet à dormir. Là-encore, je louppe les 2 films. Dommage. Pour une fois que tout fonctionnait dans l'avion. Même pour le petit-déjeuner dinatoire (je n'ai pas su savoir si le repas était destiné à un matin ou à un soir) est difficile à prendre : mes yeux se ferment tout seul et j'ai quelques difficultés à ne pas piquer du nez sur mon plateau-repas.

    Madrid. Je ne sais plus où je suis, où je vis, qui je suis. Ce que je sais, c'est que je suis vraiment crevée.

    Deux heures à passer dans l'aéroport de Madrid, dont une heure pour rejoindre l'aéroport "intérieur" : sortir de l'international avec la navette (navette style metro ligne 14), douanes (encore une fois...)

    Je ne sais pas combien il y a de douanes à franchir, mais c'est désespérant de se retrouver devant des visages passifs, fermés, sans aucune vie ni expression, et de plus, nous scrutant comme des voleurs. Je veux bien immaginer nos faces déconfites et cernées, mais quand même. On vient de se taper 10 jours de vacances, 10 jours de décongestion du monde européen et de toutes ses conneries... Il faudrait peut être y penser : nous avons besoin de réconfort, de courage et d'écoute pour revenir dans la jungle où nous vivons. Et cela ne se fait pas sans peine, ni sans larmes. Même si, heureusement, je vais retrouver mes minus et mon compagnon.

    Nous embarquons à nouveau, cette fois pour Marseille. 1h35 de trajet escompté.

    Marseille.

    Froid. Très froid. 15° au lieu de nos 28° quotidiens. Ca calme. Le coeur n'y est pas.

    Nous récupérons nos bagages et sortons de l'aéroport. Une navette nous conduit au i-chèque parking. Nous traversons à pied ce grand parking. Il fait froid. Valérie et moi nous sourions... sourires jaunes... et fatigués surtout. Ma voiture est toujours. La pauvre. Toute seule pendant si longtemps. Et certainement sans un rayon de soleil. Elle est toute propre... Qu'est-ce qu'il a du pleuvoir ici... Marseille en Février, c'est quelque chose, quand même.

    Nous quittons Marseille et récupérons l'autoroute direction "chez-nous" via Toulon.

    Etrange sensation. Bizarre d'être là. Il y a quelques heures, j'étais à Cuba.

    A toulon, nous faisons une pause-café mais aussi pause-pipi. Mais oui. C'est important. Et vous savez pourquoi ? Parce que nous avons fait pipi sans payer. Je reconnais avoir tourné la tête dans tous les sens pour rechercher une madame pipi. N'en ayant point vue, j'en ai déduit que le pissou était offert. Chouette.

    Valérie est trop fatiguée pour honorer la soirée avec ma petite famille. Je la dépose chez elle. Elle me dira par la suite avoir ressenti une étrange sensation bizarre de se retrover seule tout d'un coup.

    Il est environ 22h30 quand j'arrive à la casa... Euh... à la maison.

    Nous sommes Vendredi 9 Mars au soir en France. La température est de 10°

    A Cuba il y a un décalage horaire de 6 heures en moins. Là-bas, il est 16h30. La température est de 27°.

     


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    vendredi 14 décembre 2007 - Commentaire sans titre
    Publié par Anonymous
    Très agréable de lire votre récit si vivant, avant de partir pour Cuba.
    Gracias ! Eliane

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    lundi 31 décembre 2007 - Presque un an après...
    Publié par Val
    Je viens de terminer la lecture du journal de bord, et je revis avec émotion les derniers moments à Cuba...J'y retournerais avec plaisir!
    Nous avons de vagues nouvelles de William...il vivote de ci de là avec le "tourisme". En ce qui concerne la salsa, je m'accroche... En ce qui concerne l'Espagnol Sylvie a un peu décroché: dommage!

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    samedi 19 janvier 2008 - un régal
    Publié par Anonymous
    je me suis régalée à lire ce récit, très vivant, imagé et sensible. Merci Sylvie !

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